Afin d’affirmer l’identité modale de l’idée d’idée et de l’idée, Pascal Sévérac détermine les types de distinction en jeu dans l’Ethique, après avoir rappelé les trois distinctions – réelle, modale et de raison – que Spinoza avait exposées dans les Pensées Métaphysiques en suivant Descartes : distinction réelle entre les attributs (mais distinction non numérique et non substantielle, cf. Eth. I/10) ; distinction modale entre corps et esprit ; distinction de raison entre idée d’idée et idée. En TIE, 33, l’idée de l’idée désigne l’idée qui réfléchit à l’idée, qui la prend pour objet : c’est l’essence objective de l’idée. En Eth. II, 21 sc, l’idée de l’idée désigne la « forme de l’idée », « mode de la pensée sans relation à l’objet » : c’est l’idée considérée dans son essence formelle, dans sa réalité idéelle dit Pascal Sévérac. Dans l’Ethique, l’idée de l’idée désigne donc la réflexivité sans réflexion de toute idée, adéquate ou non – sa conscience immédiate et automatique.
Pascal Sévérac examine ensuite l'impact de cette identité modale dans la sphère éthique - dans l'identification du jugement de valeur à l'affect conscient (avec Eth. IV/8 dem.) et dans le passage de la passivité à l'activité (avec Eth. V/3 dem.). Il montre que la force de ces deux démonstrations résulte de l'insertion dans le champ affectif de la distinction de raison entre l'idée de l'idée et l'idée - insertion du théorique dans l'expérientiel affectif. La distinction de raison ente l'idée de l'affect et l'affect lui-même révèle alors, dans l'Ethique, l'ancrage affectif de la conscience.

Séminaire Spinoza. Pascal Sévérac : Idée de l'idée et affect chez Spinoza. Séance du 20/02/08. 


Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /2008 00:23
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