Paolo Cristofolini commence par examiner les affects inconstants d'espoir (inconstans laetitia) et de crainte (inconstans tristitia) ; en s'appuyant sur le TTP, il montre en quoi consiste leur inconstance : une joie qui contient de la tristesse - une tristesse qui contient de la joie. Et il remarque par ailleurs que l'espoir sans crainte fait l'objet d'une autre définition (securitas) - il en va de même pour la crainte sans espoir (desperatio).

Paolo Cristofolini étudie ensuite l'indignation et la superbia, qu'il traduit, en suivant P. Macherey, par prétention et non par orgueil. Il montre leur inconstance, en utilisant les traités politiques dans le cas de l'indignation, et en déduit plus généralement qu'il n'y a pas de tristesse constante.


Puis, il reprend la question à partir de la cupiditas en s'attardant sur les quatre derniers affects (luxuria, ebrietas, avaritia, libido) et démontre que ce qui est immodéré conduit toujours à une joie qui se renverse en tristesse.
Existe-t-il alors un affect parfaitement constant? Si un tel affect existe, affirme Paolo Cristofolini, il doit être une joie à l'état pur dont le développement complet doit passer par l'humanitas seu modestia  - qui témoigne d'une constance en direction du perfectionnement de l'homme (Paolo Cristofolini traduit modestia par discrezione - il a évoqué à ce sujet El discreto de Graciàn et l'utilisation, dans certains textes italiens, du terme 'discrezione' pour désigner la sagesse dans les affaires politiques).


Finalement, après avoir rapidement déclaré que l'éthique spinoziste est plus proche d'une éthique épicurienne que d'une éthique de la répression des plaisirs (cf. Eth.IV/45, sc.) tout en insistant sur les difficultés liées à la présence d'une définition technique et d'une définition non technique de la joie et de la tristesse dans l'Ethique, Paolo Cristofolini en arrive à l'amor erga Deum, le plus constant de tous les affects (Eth.V/20, sc.), et à la constance de l'amor Dei intellectualis, qu'il considère comme une "précision ultérieure de l'amor erga Deum", dans la mesure où, selon lui, "l'adjectif intellectualis ne vise pas à marquer une séparation".

 

Séminaire Spinoza. Séance du 14/01/09. P. Cristofolini : Les affects inconstants dans l'Ethique.


Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /2009 14:32
- Publié dans : Séminaire Spinoza
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés