Association des Amis de Spinoza
Tristan Dagron, Toland et Leibniz. L'invention du néo-spinozisme, Vrin, 2009.
"Cette étude prend pour point de départ l’échange entre Leibniz et Toland (1701-1702) sur la religion naturelle,
la réflexion, l’immortalité de l’âme et la nature de la substance. Ce débat est à l’origine des célèbres Lettres à Serena (1704). Dans sa confrontation avec Toland, qui constitue un
moment charnière de la genèse des Nouveaux essais, Leibniz discute les thèses de Locke sur la réflexion et rédige pour l’occasion sa Lettre sur ce qui passe les sens et la
matière, où il entreprend d’inscrire la topique des connaissances, exposée dans ses Méditations de 1684, dans l’architectonique du Système nouveau. John Toland est connu
pour avoir soutenu, dans ses Lettres, que « la matière est aussi essentiellement active qu’elle est étendue », de même que pour son projet d’une philosophie
« panthéiste ». Souvent interprété comme un simple gauchissement matérialiste de la pensée de Spinoza, ce panthéisme trouve au contraire son origine dans une critique de la doctrine
spinoziste et cartésienne de l’attribut. Tirant la leçon de la réforme leibnizienne de la notion de substance, mais aussi des controverses contemporaines sur le dynamisme newtonien et la
métaphysique de la participation (Henry More, Anne Conway et Georg Wachter), Toland livre une série d’arguments et de thèses originales, qui marqueront de manière décisive la pensée des
Lumières."