Le cerveau humain est-il nécessairement le siège de la conscience ? Les états mentaux en général sont-ils réductibles à des processus neurophysiologiques ? Comment l’esprit peut-il déterminer le corps à agir ? La causalité mentale (désirs, croyances, volitions), qui suppose une action causale de l’esprit humain dans le monde physique, est-elle véritablement concevable ?

Toutes ces questions, qui représentent autant d’enjeux actuels de la philosophie de l’esprit, en particulier analytique, sont commandées par le fameux problème du corps et de l’esprit. Or ce problème, celui de l’union de l’âme et du corps, s’institue comme tel dans la philosophie du XVIIe siècle, et tout d’abord dans la philosophie cartésienne, en relation à la distinction conceptuelle entre pensée et étendue requise par la nouvelle science de la nature. L’ouvrage vise à mettre au jour les continuités souterraines entre la philosophie contemporaine de l’esprit, du réductionnisme physicaliste au cognitivisme fonctionnaliste, et les perspectives ouvertes par les philosophes du XVIIe siècle, tels Descartes, Spinoza, Leibniz, à propos de l’union du mental et du corporel en l’homme. Se trouve ainsi interrogée la continuité remarquable d’une ligne de fracture déjà constituée à l’âge classique : celle-ci oppose le modèle d’un siège cérébral de l’âme (Descartes) et celui de l’automate spirituel ou logique (Spinoza), et paraît se poursuivre dans les débats contemporains entre théoriciens des corrélations neuropsychiques d’une part, et tenants du paradigme computationnel de l’esprit d’autre part. De façon plus générale, c’est l’extraordinaire persistance de la conceptualisation moderne de l’esprit, telle qu’elle advient dans l’œuvre de Descartes, et se prolonge bien au delà de la destitution du dualisme classique, qui dessine l’un des principaux enjeux de cet ouvrage.

www.cnrseditions.fr


Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /2007 23:19
- Publié dans : PUBLICATIONS
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés